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Ancestry

Les armes parlantes ou allusives
Recherche effectuée et texte écrit par Yves de Tarade

Quelques exemples pour illustrer

Marc

Armes allusives

Marc, Bourgogne, d'azur au lion de saint Marc d'or.

Fait appel au symbole, le lion couché, qui représente saint Marc évangéliste.

Michelet, Alsace, d'or à un saint Michel de gueules, à la bordure du même chargée de sept coquilles du champ et en pointe d'une tour d'argent.

Le mont Saint-Michel est ici présent par la représentation du saint mais aussi par les coquilles, emblème des pèlerins ou des défenseurs du Mont Saint-Michel.

Bien qu'alsacien ce blason reprend les emblèmes d'un lieu normand.

Sur 73 familles des Prés, Després, des Prez, Desprez 22 % portent des trèfles et 33 % ont un élément de sinople : allusion aux près, l'un d'eux porte également un semé de pâquerettes.

Armes parlantes liées à la seigneurie

Robin de Malaunay (Maine) : d'azur à la tête humaine d'argent, le nez chargé d'une plaie ouverte de gueules.

Armes parlantes phonétiquement (il a mal au nez).

Armes concernant un fief et non le patronyme.

de Wassenaer

Dans ce cas, le blason est-il lié à la famille ? Il est certain que quelques-uns de ces blasons sont passés dans des descendances par les femmes, simples ou dans un écu partitionné, avec un héritage et généralement reprise du nom et de fief.

Andrieu du Crocq : de gueules, à 3 crocs d'argent.

Armes parlantes liées au fief « du Croc » et non au patronyme « Andrieu ».

Théodorici Dewasner, portait sur son sceau en 1237, trois fasces et un sautoir brochant ; en 1294 la famille était seigneur de Wassenaer aux Pays Bas, ce nom signifie en néerlandais : croissant ; les armes changèrent sur leur sceau pour devenir : à trois croissants, qui se trouvent encore aujourd'hui dans la famille : de gueules à trois croissants d'argent.

Connaissance de la langue ou des patois

Henneberg

Neunheuser (originaires de Nittel dans le duché de Luxembourg). Portent : « d'azur, à la maison nouvellement construite d'or, à la porte d'entrée fixée par 2 charnières de sable, avec une serrure et un anneau du même ; des 2 côtés de la porte une meurtrière haute étroite en forme de fenêtre : au-dessus 3 autres fenêtres avec carreaux de verre, rangées de front ; la maison couverte de tuiles au naturel, et des 2 côtés du bâtiment un pommeau d'argent.

Le patronyme Neunheuser peut se traduire par « Maison-Neuve ».

Henneberg (Allemagne,Saxe): d'or à un coq de sable sur un mont de sinople (ici on devrait dire poule ou préciser : armes parlantes) car « berg » signifie : montagne et « die Henne» signifie : la poule.

Il peut s'agir d'un manque d'attention de la signification parlante du côté Allemand ou un manque de connaissance de l'allemand du côté francophone.

Nous avons ainsi plusieurs familles Cousin qui portent des « cousins » (sorte de moustique), mais que certains auteurs ont blasonné « mouche » voire même « mouche à miel ».

En Suisse on parle roman donc français et allemand (entre autres langues).

Turin (Suisse) D'azur à un lion dressé d'argent, langué et armé de gueules, tenant dans ses pattes une tour crénelée d'or, ouverte et fenestrée du champ, surmonté d'une étoile à 6 rais, aussi d'argent. On joue ici sur une double signification : die Tür : « la porte » or « tur » (sans tréma donc) mais alors prononcée à l'allemande donne le son « tour » à laquelle on ajoute « in » signifiant « dans » mais aussi « ouverte », on a donc : la tour sans porte car elle est ouverte et qui se trouve à l'intérieur « dans » les pattes du lion. La tour se dit toutefois « ein Turm ».

Dujau de Rouffac, du Treuil, Aunis, d'azur à trois coqs de gueules.

Le « Jau » ou « jo » est un coq en patois local.

Armet. D'argent à trois armets de sable.

Le blasonnement était: "D'argent à trois casques de sable." ; mais il doit être comme ci-dessus. En effet, un armet est un casque.

Connaissance des métiers et du vieux français

Pelletier

Texier de Saint-Germain : de gueules aux trois navettes rangées d'argent.

Tixier : d'argent au chevron alésé d'azur accompagné de trois navettes d'or, 2 et 1.

Pelletier (Peltier) : d'azur au chevron d'or surmonté d'une étoile d'or accostée de deux mouchetures d'hermine d'argent, accompagné en pointe d'un fusil de la toison d'or, l'écu bordé d'or.

Il ne s'agit peut-être à l'origine que d'une dépouille de mouton et non du « fusil de la Toison d'Or

Ces blasonnements remplacent le patronyme par un symbole du métier qu'il signifie.

Un tixier était un tisserand, d'où les navettes de tisserand.

Le pelletier était celui qui travaillait les peaux et fourrures, d'où les mouchetures d'hermine et la toison.

Ces patronymes peuvent être empruntés ou non un métier d'origine de la famille.

Fabri d'Enneilles , Principauté de Liège, D'argent à une enclume de sable, accostée de deux lions affrontés de gueules, armés et lampassés du même, soutenant ensemble, de leurs deux pattes antérieures, un marteau de sable, emmanché, posé en pal et sommé d'une couronne à trois fleurons d'or, et posant chacun une patte postérieure sur l'enclume.

Les Fabri étaient maîtres de forges. (devise C'est en forgeant que nous fûmes Fabri)

Coulon : d'or à deux fasces de gueules, au chef d'azur chargé d'un Saint-Esprit d'argent.

Sacquespée

Coulon était le nom ancien et vulgaire du pigeon qui a dérivé en « coulomb » et en « colombe ». Le Saint-Esprit est représenté par une colombe fondante en pal.

Tribollet : d'or, à trois trèfles de sinople 2 et 1.

Le triolet était le nom ancien du trèfle.

La Goupillère (de) : d'argent à trois renards de gueules passant l'un sur l'autre.

Le goupil était l'ancien nom du renard.

Sacquespée : de sinople à une aigle d'or, semblant tirer avec son bec une épée hors du fourreau, la dite épée d'argent, le fourreau de sable, la garde et la poignée d'or en bande.

Anciennement, dans certaines régions, mettre une épée au fourreau se disait « sacquer » l'épée ; la sortir, se disait « désacquer ».

Compte tenu de cette expression il serait plus juste de blasonner l'aigle mettant l'épée au fourreau, plutôt que la sortant.

de Saint-André

Connaissance héraldique de différents pays et le changement de pays

Le Peultre (le Poultre, de Poultre) (Allemagne, France) : d'or à la bande de gueules.

En héraldique allemande une bande signifie aussi une poutre (Schrägbalken).

De Saint André : d'azur, à un sautoir alésé d'or, au chef de même chargé de trois flanchis d'azur. Le sautoir mais surtout le sautoir alésé se dit aussi : croix de saint André ainsi que les flanchis parfois

Connaissance Biblique

David . Sur 114 familles répertoriées portant ce nom, 71 portent un symbole en rapport avec le roi David.

Le Roi David jouait de la harpe dans la bible.

D'autres familles David portent aussi des couronnes à l'antique (du roi David) ; l'étoile de David ou le double delta ; un roi David en combattant.

Une famille David porte : d'azur à une fronde d'or, avec son cailloux d'argent ….

Connaissance de la Mythologie

Mercurio (Italie) portent un caducée.

C'est le caducée de Mercure, dieu romain du commerce et des voyageurs.

Santeuil (France) : d'azur à un Argus d'or (Argus ayant 100 yeux dans la mythologie grec).

Armes parlantes par rapport à la charge

Le Bouteiller

Le Bouteiller de Senlis, famille qui exerça pendant un certain temps la charge de Grand Bouteiller de France et qui changea ses armes : écartelées d'or et de gueules, pour : de gueules à cinq coupes d'or rangées en croix, durant le temps où ils possédèrent la charge de Grand Bouteiller de France, pour reprendre les anciennes par la suite.

Nous avons ici le même terme pour le patronyme et pour la charge. On pourrait penser que des armes parlantes pour l'un le seraient également pour l'autre ; mais il semble que les porteurs aient voulu faire la distinction et c'est peut-être pourquoi elles ont été abandonnées après la perte de la charge.

Pour le Bouteiller, en tant que patronyme, les armes auraient pu être de flacons (comme plusieurs familles de patronyme homonyme l'ont fait), tandis qu'en tant que charge, elles signifiaient plutôt le service, donc les coupes dans lesquelles on servait le vin.

Mais une constante reste entre les deux blasons, l'or et le gueules d'une part et le rangement en croix des coupes qui rappelle l'écartelé d'origine.

Connaissance de la nature

La Bouexière (de) : d'argent à un buis arraché de sinople.

Le nom scientifique du buis est « buxus».

Arrivé de Boisneuf : d'azur à deux aubiers d'or mouvant d'une mer d'argent posée en pointe, au héron volant brochant sur le feuillage des arbres et une étoile d'or en chef.

L'aubier est la partie jeune du bois, ce sont les cercles extérieurs dans la coupe d'un tronc, donc le bois neuf, mais l'aubier est aussi dans certaines régions le nom du saule (arbre). Le héron « arrive » sur les arbres. Ce qui est blasonné « mer » est probablement un marécage ou un étang, étant donné le héron et où le saule pousse plus volontiers.

Connaissance de la géographie

Il ne s'agit pas tout à fait, là, d'armes parlantes. On se trouve à la frontière entre celles-ci et d'autres moyens d'expressions dans le blason qui restent nombreux.

du Passage

du Passage : de sable à trois fasces ondées d'or.

Vieille famille du duché de Clèves, qui avait la garde du passage sur les trois cours d'eau du Rhin, de la Meuse et de la Walle.

Il s'agit là d'une sorte de carte géographique en rapport avec la fonction, qui a donné le patronyme.

Si l'on trouve des monts (parfois aussi des chevrons qui peuvent avoir été une représentation héraldique du mont) dans des blasons de familles Dumont, ceux-ci sont également assez courants dans ceux de familles en régions montagneuses, comme le sont également les fasces, bandes barres, pals, etc. ondés sur les blasons des familles dont la seigneurie est assise sur un cours d'eau ainsi que dans celles portant le nom de Rivière.

Recherche généalogique pour connaître tous les noms des personnages

Des noms de fief donnés comme patronyme, ainsi que des patronymes qui ont changé de nom peuvent cacher des armes parlantes. Les surnoms font aussi parfois l'objet d'armes parlantes.

de La Trollière

d'Escotay ou d'Ecotay : d'or, au chaudron de sable.

A priori, ce ne sont pas des armes parlantes, plutôt des armes allusives, mais lorsqu'on apprend que le porteur de ce blason était dit « Chauderon », la signification apparaît clairement.

La Trollière (de) (de la Troillière) (Franche-Comté) : écartelé aux 1 et 4 d'azur à trois têtes et cols de mules d'or, bridées de sable (de la Trollière) ; aux 2 et 3 d'argent à l'aigle de sable (de Ginestines).

L'histoire de la famille nous apprend ici qu'elle se nommait anciennement Mulatier de la Trollière d'où les têtes de mule.

Terrien (Bretagne) : de gueules au lion d'argent tenant de la patte dextre une épée du même, montée d'or et de la senestre un cœur aussi d'or.

Le patronyme ancien des Terrien était Cœur de Lion.

Connaissance de l'histoire de la famille ou des lieux

Cardinal du Perron

Jacques Cottier, médecin de Louis XI, tombé en disgrâce, se réfugia dans une maison où il planta à l'entrée un abricotier, faisant entendre par là, que Cottier était à l'abri. Son blason portait un abricotier.

Le Cardinal du Perron, issu de la Maison de David en Normandie, portait : d'azur au chevron d'or accompagné de trois harpes du même ; armes brisées de celles des David.

Le village de Ezcurra, en Pays Basque, porte : d'argent à deux bouteilles rangées en fasce accompagnées en chef d'un pain et en pointe d'un fromage, un couteau planté dedans en pal, le tout au naturel. Ces armes racontent la légende qui démarqua Ezcurra et Erasun, effectuée par deux vieux bergers qui rendirent leur sentence après avoir consommé le pain, le fromage et les deux bouteilles

Des écus blasonnés au vu peuvent avoir fait disparaître l'aspect parlant

Touaille ou Thouaille : taillé, au 1 coticé en barre d'argent et de sable de huit pièces, au 2 de gueules au touaille d'argent.

Si cet écu avait été blasonné au vu du dessin, il aurait été dit : taillé, au 1 coticé en barre d'argent et de sable de huit pièces, au 2 de gueules au tortil d'argent.

Il faut donc savoir que le « touaille » est le « tortil » pour constater que les armes sont bien parlantes.

Taillasson

Thieslin

L'écu de Taillasson, blasonné au vu du dessin donne : barré (ou coticé en barre) de dix pièces d'argent et de gueules, au chef d'azur chargé d'un croissant d'argent accompagné de deux étoiles d'or.

L'aspect armes parlantes n'apparaît pas à première vue. Mais le blasonnement d'origine était : taillé d'argent et de gueules de dix pièces, au chef d'azur chargé d'un croissant d'argent accompagné de deux étoiles d'or. Cette forme de blasonnement est impropre, mais il a été déformé volontairement pour expliquer les armes parlantes.

Des expressions ou des termes employés de façon peu orthodoxe, par rapport au vocabulaire héraldique, peuvent parfois être nécessaires pour faire ressortir l'aspect parlant.

Trenchart : tranché de gueules sous or, et un chef denché d'azur, semé d'abeilles d'or.

C'est évidemment plus facile à comprendre.

Colbert porte selon certains auteurs : d'or à une couleuvre ondoyante d'azur, mise en pal et dite guivre.

Une couleuvre vient du latin: « coluber ». Designer aujourd'hui, cette figure comme un serpent ou pire une guivre peut être juste "héraldiquement" mais, pour un nom moins illustre que celui de Colbert, il y a fort à parier qu'avec le temps personne ne saurait plus qu'il s'agit là d'armes parlantes, alors que si l'on précise qu'il s'agit d'une couleuvre le sens est intégralement conservé.

Thieslin (de) (Thierselin) : tiercé en pal de gueules ; d'azur ; et de vair. Il convient de ne pas blasonner : parti de gueules et de vair au pal d'azur brochant sur le parti, la signification parlante pourrait échapper. En plus, on introduirait une pièce honorable qui n'est pas dans le blason.

Cette erreur rencontrée pour d'autres blasonnements peut venir des proportions données par certains auteurs qui voulaient que le pal, la fasce, la bande, la barre, le chef, etc. fassent le tiers de la largeur de l'écu. Cette dimension des pièces peut introduire des erreurs dans la lecture au vu d'un blason.

A ceci il faut ajouter les blasonnements erronés qui peuvent avoir fait perdre l'aspect : armes parlantes.

Le Louchier , de sable, semé de croix recroisettées au pied fiché d'or, à trois miroirs ardents d'or au pied fiché et pommeté de même.

Vérification faite dans un autre ouvrage, il s'agissait de : trois louches du même, posées en pal, le manche en pointe, 2 et 1, brochant sur le tout ; et non de miroirs.

Diverses façons de blasonner le même patronyme ou des patronymes semblables

Simon

Simon : Lorraine, d'azur au lion d'or tenant une scie du même et sciant une montagne d'argent

Simon : Picardie, d'azur, à 6 montagnes d'or, posées 1, 2 et 3, et une bordure dentelée de même.

A noter qu'en France on blasonnerait : d'azur au mont de six coupeaux d'or, mais en Allemagne : d'azur à six monts d'or.

Taverne de Montreuil : de gueules au chevron d'or accompagné de trois bouteilles d'argent.

Tavernier : coupé d'argent aux trois raisins de pourpre et d'azur à la tour d'argent. Alias : de sinople à la massue d'or.

Dans une taverne, on boit !!! et si trop, c'est le coup de massue à la sortie.

Tonnelier : de sinople aux trois marteaux de tonnelier d'or, 2 et 1.

Tonnelier : de gueules au pal d'azur chargé de trois bouteilles d'or et accosté de six besants du même.

Des familles du Mont ou Dumont, portent un ou plusieurs monts dans leurs armes, mais aussi des chevrons, figurant le mont.

La famille d'Arpajon portait : De gueules, à la harpe d'or (armes parlantes), mais, plus anciennement, une griffe d'oiseau de proie, à l'ongle fort crochu (en latin, arpago) mise en bande, traduit aussi par griffe de « harpie », aussi armes parlantes. Changement de blason mais en restant parlant.

Des familles Cornu (et variantes) chargent leur écu de tout ce qui porte des cornes, bélier, tête, massacre, rencontre de cerf ou de licorne, etc. ou encore de cors, cornets, cors de chasse, etc.

Le patronyme et le prénom du porteur initial

Jacques Cœur portait : d'azur à la fasce d'or chargée de trois coquilles de sable, accompagnée de trois cœurs de gueules.

Les coquilles Saint-Jacques pour le prénom et les cœurs pour le patronyme.

Certaines peuvent ne rappeler que le prénom

Des compositions qui jouent avec le patronyme

Le Chantre : d'azur au coq d'argent, la patte senestre appuyée sur une motte du même, au chef cousu de gueules chargé d'un croissant d'or accosté de deux étoiles du même.

Le coq est le chantre de la basse-cour.

Du Barry de Puyol : d'azur à trois éléphants d'or, 2 et 1, et un chef d'argent chargé d'un lion naissant de gueules.

Les éléphants barrissent.

Tardif

Tardif : d'or à la tortue de sable en pal accompagnée de trois escargots d'azur, 2 et 1.

Ce sont des animaux lents.

Bruyant des Iles : de sable au chien courant d'argent, armé de gueules.

Le chien courant est représenté ordinairement aboyant, faisant grand bruit.

Belle-Garde : d'azur à la cloche d'argent bataillée de sable.

Ces armes furent considérées au XVIIe siècle comme parlantes parce que les cloches gardent en quelque façon, puisqu'elles sonnent les alarmes, dénoncent la venue de l'ennemi, etc.

Maltravers (Angleterre) de sable fretté d'or. Le fret est un dispositif de chasse empêchant, au moyen-âge, l'animal qui s'y laisse piéger et enfermer de s'enfuir : on le traverse avec difficultés, on passe « mal au travers ».

Jourdain

Les armes parlantes peuvent se décomposer

Jourdain de Muizon : d'azur à la fasce ondée d'argent accompagnée en chef d'un soleil d'or et en pointe d'un daim d'argent.

Le soleil pour l'astre du « jour » et le daim pour « dain » et la fasce ondée, représente peut-être le fleuve Jourdain.

Arrachart : de sinople, au chevron d'argent, accompagné en chef de deux rats de sable grimpant sur les jambes du chevron, et en pointe d'un char à deux roues traîné par un cheval marin sur une onde, et surmonté d'un croissant, le tout d'argent.

Ici l'on décompose aussi le patronyme (Rat et Char).

Shakespeare

Des figures qui transmettent des idées

Shakespeare, (Angleterre en 1586) d'or à une bande de sable chargée d'une lance (spear) du premier.

La lance « the spear » se trouve dans l'écu. Mais aussi, le cimier porte un épervier qui brandit de sa patte une lancette. L'action de brandir, ou ébranler « to shake ».

Hurt-Binet, Bourgogne, Suisse, de gueules à deux béliers affrontés d'argent se heurtant sur une terrasse isolée d'argent, accompagnés en chef de deux molettes d'or.

La signification se trouve dans le mouvement.

Poirel

A la limite du rébus

Le Courtois : de gueules à la fasce d'or accompagnée de trois oies d'argent, sans queues, posées 2 et 1.

Des oies écourtées « courtes oies ».

Poirel : d'argent, à une poire de bon chrestien au naturel, tigée et feuillée de même, soutenue d'un vol d'azur.

Dans le langage courant on lirait : « poire + aile » mais, en héraldique, cela fait « poire + vol ».

Enfantin , Dauphiné, d'argent à un enfant au naturel, tenant de la dextre une branche de thym de sinople.

Les charges parlantes ne remplissent pas forcément tout l'écu et côtoient des symboles ayant une autre signification

Scribe

Léonard Scribe : d'azur, à 2 plumes à écrire d'or, passées en sautoir, et accompagnées de 4 limaçons d'argent, leur coquilles d'or.

Les scribes étaient les employés de notaires qui transcrivaient les actes, d'où les plumes à écrire. Il était connu que les actes retranscrits pour des personnes illettrées étaient souvent illisibles, mais pour ceux qui savaient lire beaucoup plus soignés, ce qui demandait plus de temps. Le blason a donc voulu exprimer par les limaçons, que le scribe prenait son temps pour bien faire son travail. Ce qui ne veut pas forcément dire que cette famille était une famille de scribes, mais qu'elle était de gens consciencieux dans leurs devoirs.

Les plumes sont parlantes, les limaçons ne le sont pas en terme d'armes parlantes, mais sont un message pour la postérité : le travail consciencieux.

Issoudun

And

Quelquefois des lettres peuvent être les initiales du patronyme ou du prénom ou des deux, ce qui représente une forme d'armes parlantes

D'Issoudun, d'azur au pairle d'or accompagné de trois fleurdelys du même.

Le nom « Issoudun » s'écrivait autrefois « Yssoudun » d'où le pairle d'or.

Une branche de la famille s'est installée en Espagne sous le patronyme d'Ifoudum et porte le même blason ; sans la connaissance de cette famille, l'aspect « armes parlantes » peut ne pas apparaître dans ce pays.

And (Angleterre) De gueules au chiffre & d'argent.

En effet le chiffre & (et) est and en anglais.

Aux Pays-Bas, on peut rencontrer des blasons partitionnés dont un des écarts porte les initiales entrelacées de son porteur.

Cela a même été à une époque un moyen de brisure.

Il existe quelques rares blasons de lieux sur lesquels le nom est inscrit en toute lettres:

La vallée de Guesalaz en Navarre, d'azur au nom de Guesalaz en lettres capitales d'or ; à la bordure cousue de gueules aux chaînes de Navarre d'or.

Des impositions d'office ridicules en armes qui se voulaient parlantes

Pisseleu

Pisseleu (Picardie) : de sable à une femme d'argent, tenant de sa dextre un pot de chambre de même, et de sa main senestre un chandelier d'or, dans lequel est une chandelle d'argent, allumée au naturel.

Pisseleu en patois picard signifie « loup passant », ce qui n'a rien à voir avec le blason imposé.

Témoin de cette origine du nom : Cacheleu (de) qui porte : d'azur à 3 pattes de loup d'or.

La ville de Bayonne se vit attribuer : de sable à une baïonnette d'argent, la poignée d'or, mise en pal la pointe en bas.

Ibai Ona ou Bayonne, en Basque signifie : le bon fleuve. Tous les sceaux anciens comportent des ondes.

On trouve d'autres armes du plus mauvais goût. Les impositions d'office, qui ne concernaient généralement qu'une personne, n'ont pratiquement jamais été portées.

Un peu particulier

Dans "l'Orme du Mail", Anatole France cite des armes de Philippe T.

« L'écu de Philippe Tricouillard accusait avec orgueil les formes de son superbe blason, armes parlantes dressées là comme un exemple et un reproche sur cette cité stérile. »

Ce blason et (ou) de semblables ont existé pour des patronymes approchant. Ont-ils jamais été portés ?

Mais Anatole France souligne bien l'esprit héraldique du blason qui est en quelque sorte un message à la postérité, esprit trop souvent oublié aujourd'hui.

Pour ce patronyme, on aurait aussi pu prendre la signification du « couillard » qui, en terme de marine, est la corde qui tient la grand-voile à la grande étaque du grand-mât.

Il y a dans l'histoire quelques blasons et patronymes dont on ne sait plus si le patronyme a donné son nom aux meubles ou l'inverse.

van Zuylen

Pour exemple, la famille néerlandaise van Zuylen, dont le patronyme signifie en néerlandais « colonne », porte ce que l'on appelle trois «Zuyles (zulles) ».

En néerlandais: « drie zuyles ».

Traduire en français : de gueules à trois colonnes d'argent, fait disparaître l'aspect parlant du blason, qui est sa caractéristique la plus importante et amène certains à représenter trois colonnes d'ordre toscan.

Il est aussi important de garder le terme d'origine et de faire attention aux traductions que d'essayer de retrouver la représentation la plus ancienne.

Le héraut Gelre (1375/1414) et d'autres ont-ils voulu représenter une stylisation de la colonne ?

Les meubles et figures de ces époques sont presque toujours représentés à plat, sans relief.

Toujours est-il que quelques auteurs ont traduit ces meubles par : anille et d'autres : double roc d'échiquier, ce qui est encore plus éloigné de l'expression parlante de ce blason et qui a entraîné des représentations très déformées.

Le blasonnement le plus correct en français serait : van Zuylen ; de gueules à trois zuyles (colonnes) d'argent et avec la représentation ci-dessus.

La famille de la Hamaïde (Hainaut) : on ne sait plus, très exactement, ce que représentent les trois fasces alésées en biais de leur blason, nommées hamaïde (ou hameydes), et si la famille a donné son nom à ces pièces ou l'inverse.

La famille d'Anglure, dont le dessin des meubles de gueules a été tellement déformé au travers du temps que des héraldistes ne savent même plus les blasonner. Il y a fort à parier que ces meubles, « en angles » à l'origine, étaient parlants. Et on retrouve aujourd'hui des croissants.

A l'inverse

Vous pouvez rencontrer des blasonnements dans lesquels il sera dit « un arbre » par exemple. Si la famille s'appelle Dufresne, vous pouvez être certain que l'arbre en question est un frêne.

Mais quelquefois, les armes parlantes font référence à un fief. Si vous n'avez pas les noms de tous les fiefs, vous ne pouvez pas reconnaître les armes parlantes ni déterminer l'essence de l'arbre.

Lesquevein porte : d'argent, à 3 arbres, de sinople, futés de sable, rangés sur une terrasse de même.

Si vous ne savez pas que les patronyme et nom de fief sont : Lesquevein de Launay, vous ne saurez pas que les arbres en question sont des aunes.

Si le blasonnement de l'écu de la famille Barbet vous indique « un chien », vous pouvez être certain qu'il s'agit d'un chien barbet.

Si on dit dans le blasonnement « un épi de blé », « d'orge », etc., ce n'est souvent pas pour les différencier dans le dessin mais parce que l'orge ou le blé a une signification particulière pour le porteur de ces armes. De même, une gerbe de blé est pratiquement identique à celle de l'avoine ou du seigle, mais chacun de ces céréales peut avoir une signification particulière parlante et non générale.

La gerbe se nommait « une brosse » dans les régions du centre de la France, qui compte plusieurs seigneuries du non de « la Brosse ». Il convient donc de ne pas dessiner une brosse à cheveux si la seigneurie se nomme « la Brosse » dans ces régions.

Des blasons en armes parlantes inventés de toute pièce

An 1644, Monsieur Marc de Vulson de La Colombière donne, par exemple, des blasons aux Rois Mages ou à Jules César, en attribue quelques autres aux Chevaliers de la Table Ronde, comme celui de Brumer de la Fontaine. Celui-ci aurait porté un écartelé d'or et de sable à une fontaine d'argent à deux bassins sur le tout.

Or, le blason n'existait pas aux époques concernées !

Des blasons de circonstance hors héraldique

Ce blason sur une assiette peinte en 1644 nous raconte le mariage de I. G. avec Marguerite D.

Le casque de I. G. en miroir.

L'arbre et la pomme

Marguerite D. en Eve, le cimier de son casque portant des marguerites.

Ce sont évidemment deux blasons de fantaisie, mais ils parlent.

Faïence de Delft, bleue.

Des erreurs de traduction de langues ou patois

Vidart, Pays Basque, écartelé, …. au 2 de gueules à trois dards d'argent, futés et empennés d'or, l'un en pal, les deux autres passés en sautoir les pointes en bas ; au 3 de gueules à trois dards rangés en pal, d'or, futés et empennés d'argent la pointe en bas.

Deux familles Vidart portent ces dards qui se veulent parlant, mais « vidart » en Basque veut dire : « la maison entre deux voies »

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