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Dix conseils pour commencer sa généalogie

par Stéphane Cosson

La généalogie est une aventure sans fin. On parle de virus et c’est bel et bien le cas. Pourtant on peut se décourager très vite. Voici quelques conseils pour que vous puissiez vous lancer sans difficulté. Pour éviter que vous vous lanciez à l’aveuglette, la fleur au fusil.

1. Premiers conseils :

La généalogie demande patience, persévérance, motivation, ordre, méthode et organisation. Ne l’oubliez jamais. Il vaut mieux toujours voir le verre à moitié plein que le verre à moitié vide : vous ne trouverez pas ce que vous cherchez, vous passez plusieurs jours, plusieurs semaines voire des mois entiers à dépouiller des documents en vain. Dites-vous qu’au moins vous êtes sûr qu’ils ne sont pas là. Certains généalogistes peuvent même mettre jusqu’à quatre ans pour chercher LE mariage qui les intéresse. Dites-vous que vos ancêtres ne vont définitivement plus bouger, vous les trouverez bien un jour, forcément.

Patience ! Persévérance ! Motivation ! Ordre ! Méthode ! Organisation ! Vous avez tout cela ? Vous êtes prêt !

Patience : C’est une aventure sans fin. La rapidité est fonction du temps qu’on y consacre et des difficultés rencontrées. Les difficultés peuvent être de plusieurs ordres et chacune a sa solution.

Le découragement vous gagne sur une branche ? Faites autre chose ! Prenez-en une autre puis revenez-y. Vous allez voir comme cela va vous paraître beaucoup plus facile.

Si vraiment vous en êtes au tout début, n’attaquez jamais toutes les branches en même temps. Vous allez vous perdre dans cette forêt. Prenez un nom de famille en branche principale et un autre en branche secondaire et faites-vous les dents dessus. Vous avancerez beaucoup plus vite sur les autres car la méthodologie sera là.

2. Franchir la barrière des 100 ans :

La première des difficultés est le franchissement de la barrière des 100 ans. En France, la loi sur les archives du 3 janvier 1979 a mis en place des délais de communication pour la consultation des documents. C’est important de le savoir.
L’article 7 de cette loi nous dit que :

Les documents comportant des renseignements d’ordre médical sont consultables 150 ans à compter de la date de naissance.
Les dossiers de personnels sont consultables au bout de 120 ans, toujours après la date de naissance.
Les documents relatifs aux affaires portées devant la justice, les minutes et répertoires des notaires, les registres de l’état civil et de l’enregistrement, les renseignements individuels d’enquête ou de recensement sont consultables une fois le délai de 100 ans passé. Ce délai se compte soit à la date de l’acte soit au moment où l’affaire est clôturée.

D’autres délais existent mais ceux-là sont les plus importants pour nous, généalogistes. Ces délais sont longs ! Pour ne pas être bloqué, une seule solution : interroger les personnes encore en vie, récupérer toutes les informations possibles par le biais des livrets de famille, des dates sur les tombeaux, des actes de notaires restés dans les familles, des photos, des livrets militaires, des diplômes, de la correspondance, bref tout ce qui peut exister dans un grenier. En même temps, vous ferez œuvre de sauvegarde de la mémoire des anciens qui seront ravis de pouvoir vous raconter leur jeunesse.

3. Aux Archives Départementales :

Une fois cette barrière franchie, direction le plus souvent les Archives Départementales. Personnellement je préfère les Archives Départementales aux mairies parce qu’on n’a jamais le problème des heures d’ouverture des petites mairies et des déplacements à n’en plus finir si vos ancêtres sont sur plusieurs communes. Aux Archives Départementales, au moins tout est regroupé en un seul endroit.

Les Archives peuvent avoir numérisé leur état civil et leurs registres paroissiaux. Cela peut vous faciliter le travail. Mais… A un moment ou à un autre, il va falloir vous déplacer, alors autant le faire tout de suite. A la rigueur, pour l’état civil et les registres paroissiaux, s’ils ont été microfilmés et pas encore numérisés, vous pouvez faire venir à vous les documents plutôt que vous aller à eux. Cela s’appelle le prêt inter-archives.

Ce qui peut être intéressant pour vous, c’est d’apprendre très vite les cotes des documents. Les Archives Départementales ont un langage un peu particulier qui peut surprendre. Apprenez-le une fois pour toute, vous saurez plus rapidement ainsi où rechercher et vous gagnerez du temps.

La première série qui vous intéresse est la série E : c’est la série des tables décennales, de l’état civil, des registres paroissiaux, des minutes de notaires. Série importante pour nous s’il en est !
Commencez toujours par les tables décennales et un conseil, même si vous avez un nom répandu dans une commune, relevez tout. Vous pourrez y travailler ensuite tranquillement chez vous, à tête reposée.
Pour les registres de l’état civil, notez bien les lieux-dits où habitent vos ancêtres. Si la commune possède plusieurs paroisses, avec un bon dictionnaire local des lieux-dits, vous irez plus vite sur la bonne paroisse quand vous franchirez la barrière de la Révolution Française. Cela évite de se décourager !
Pour vos recherches dans les registres paroissiaux, notez-vous consciencieusement les parrain et marraine. La plupart du temps, ils appartiennent à la famille. Cela peut donc vous donner des pistes.
Prenez toujours toute la fratrie, jamais seulement celui que vous pensez être votre ancêtre. Il peut avoir un frère ou une sœur portant le même prénom et en vie en même temps que lui ! Quel est le bon alors ? Bien malin qui pourrait le dire si vous n’en avez qu’un !

Pour les notaires, si vous ne connaissez pas celui chez qui vos ancêtres sont allés : allez jeter un coup d’œil dans les registres de ’enregistrement : 3Q après la Révolution Française, 2C avant. C’est indispensable, à mon sens.
Le notaire du XIXe n’est pas déposé ? 8U ! Le répertoire du notaire, lui, l’est sûrement et vous pourrez ainsi obtenir le folio de l’acte qui vous intéresse. Un courrier à son successeur avec tous les renseignements, y compris la page, facilite la réponse de celui-ci, je vous le garantis.

Si vous êtes bloqués aux Archives Départementales, il peut y avoir toujours un lecteur en salle, un pilier des Archives, qui peut vous aider en plus du personnel. Repérez-les !

4. Utiliser les dépouillements systématiques :

Des bénévoles peuvent avoir passé des heures et des heures aux Archives Départementales à dépouiller systématiquement des registres : paroissiaux ou notariaux. Regardez si cela existe.

Regarder où ? En série J s’ils ont été classés comme des documents ordinaires. Ils peuvent aussi se trouver en salle de lecture, dans ce que l’on appelle les usuels de la bibliothèque.

5. Rechercher sur Internet :

Ce qui peut vous facilitez aussi la tâche, c’est de préparer votre voyage en allant rechercher sur Internet qui a déjà travaillé sur les familles vous intéressant. Ces dernières années, Internet a révolutionné le secteur de la recherche généalogique, donnant littéralement accès à des milliards de données disponibles en ligne, faciles à rechercher et à faible coût. Ancestry est une des bases qui permet cela.
24.000 sources généalogiques, comprenant la plus importante base de données d’archives en ligne avec plus de 12 millions de noms, sont disponibles dès à présent à l’adresse : www.Ancestry.fr.
Le dernier logiciel destiné à créer facilement un arbre généalogique est également disponible et gratuit sur l’ensemble du site Ancestry.fr donnant la possibilité aux utilisateurs du site d’explorer leur histoire familiale en ligne, de réaliser leur propre arbre généalogique, de télécharger des photographies et de partager les informations en se connectant mondialement avec les autres utilisateurs du site.

De même, regardez ce qu’il existe déjà comme bases départementales. Voire même s’il y a une liste de discussion sur le département qui vous intéresse.

Mais ne téléchargez jamais des données illicitement ou sans mentionner vos sources. Les autres y ont passé du temps, ce serait bien de pouvoir le leur reconnaître.

6. Numéroter les ancêtres :

Ordre, méthode et organisation ! Ah, pour ne pas vous y perdre, numérotez le plus rapidement possible vos ancêtres. Souvent, ils portent le même prénom de père en fils, sur plusieurs générations. Vous savez qui est qui sur le moment, mais plus tard, le saurez-vous toujours ?
La plus courante est la numérotation Sosa-Stradonitz. La personne dont on part porte le numéro 1. Son père prend le numéro 2 et sa mère le numéro 3. Tous les hommes portent un numéro pair, toutes les femmes un numéro impair. L’épouse a toujours le numéro de son mari + 1. Le père est toujours le double de son enfant et la moitié de son propre père.

Combien de fois j’ai entendu : « Pfff ! Inutile tout ça ! Le logiciel le fait tout seul ! » Et ensuite les personnes sont venues me voir car elles ne savaient plus qui était qui. Le logiciel le fait certes mais faites-le aussi manuellement, histoire de vous en imprégner.

7. Quelques outils utiles :

Si vous le pouvez aussi, récupérez une chronologie généalogique. De quand date… ? Pour éviter de chercher des actes ou des renseignements à une époque où ils n’existaient pas encore !

N’hésitez pas à prendre des cours de paléographie. La machine à écrire et l’ordinateur n’existaient pas encore ! C’est mieux de pouvoir ouvrir un document et de pouvoir lire ce qu’il contient que de le refermer en se disant : « Pfff ! J’y arriverais jamais ! Mais qu’est-ce que c’est que ces pattes de mouche ! C’est illisible pour moi ! ». Cela va vous permettre de vous familiariser avec leur type d’écriture et là encore, lors de votre déplacement, vous gagnerez du temps. Et parfois la difficulté arrive dès le XIXe siècle ! Nous n’avons plus l’habitude de cette écriture bien ronde.

Si vous en ressentez le besoin, prenez aussi des cours de généalogie. Toujours dans le but de gagner ensuite du temps !
Au moins pour avoir du vocabulaire. Savez-vous ce qu’est un contre-augment, un implexe ? Faites-vous la différence entre dot, dotalices et verquière ? Connaissez-vous les unions remarquables ? Sans doute pas parfaitement.

8. Résoudre quelques difficultés facilement :

L’âge indiqué peut être très approximatif. Comme je dis : il est toujours exact … à quinze ans près. Y compris pour le XIXe siècle, même si c’est plus rare. Ce n’est donc qu’une piste. Prenez donc toujours une fourchette de dates. Votre ancêtre a 25 ans ? Disons plutôt qu’il en a entre 20 et 30. Il est dit « majeur de 25 ans » ? Il a au moins 25 ans. Autrement dit, il peut en avoir tout aussi bien 40 que 26.

L’orthographe ne compte pas. Vous allez entrer dans une civilisation de l’oralité où seules quelques personnes savaient écrire. Ne vous attachez donc pas à la manière dont les noms propres sont écrits. Dites-les, parlez-les !

Un exemple ? Vous cherchez une famille GORSSE dans le sud de la France. Son nom peut s’écrire aussi : GORSE, GOXE, GOTXE, GAUTCHO, GAUCHE. Prononcez-les tous en y mettant un peu d’accent. Vous verrez, il n’y a pas tant de différences entre eux.
Bref, des lettres peuvent apparaître, disparaître en fonction de comment la personne entendait le nom. Et cela peut changer entre deux communes voisines.

Etudiez donc toutes les possibilités dans les tables décennales. Eh oui, cela arrive aussi au XIXe siècle. N’hésitez pas à aller chercher un dictionnaire de patois (ou plutôt de la langue locale, après tout ils ne connaissaient pas le français pour la plupart). Cela peut vous faire comprendre certains ajouts ou disparitions.

9. Le choix d’un logiciel :

Le premier des logiciels, c’est le crayon à papier et la gomme. Ne prenez pas de logiciel de généalogie tant que vous n’êtes pas sûr d’avoir totalement compris comment les ancêtres sont les uns vis-à-vis des autres. Le logiciel, quel qu’il soit, ne le fera pas à votre place.

Vous ne savez lequel choisir ? Demandez des versions d’évaluation aux éditeurs. Vous pourrez ainsi voir lequel vous avez le mieux en main, lequel correspond le mieux à ce que vous voulez faire.

10. L’appel aux professionnels :

Si vraiment vous êtes bloqués d’une manière qui vous semble définitive, demandez de l’aide à un professionnel. Mais non, un professionnel ce n’est pas cher ! Il travaille uniquement sur le temps que vous lui accordez et sur ce que vous lui demandez. A vous de préparer correctement votre demande avant de le contacter.

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